Événement

Les 100 ans du mouvement Dada en 7 artistes phares

Cofondateur du mouvement Dada en 1916, le poète et essayiste français d'origine roumaine Tristan Tzara est considéré comme le chef de fil du Dadaïsme.

Né en 1916 entre Zurich et New York, le mouvement Dada regroupe des artistes dégoûtés par la guerre. Qu’ils soient peintres, sculpteurs, poètes ou écrivains, ils ont pour point commun une soif de liberté sans limite. Ces anarchistes de l’art rejettent les normes en place, qu’elle soient morales ou artistiques, et prônent la spontanéité, l’incohérence et la joie de vivre. Ils ne se prennent pas au sérieux et repoussent les limites de l’art du début du 20e siècle. Ce courant artistique a ensuite permis l’éclosion de nombreuses autres formes artistiques, comme le surréalisme. Si le dadaïsme a inspiré bon nombre d’artistes du 20e siècle, il a été porté à ses débuts par quelques avant-gardistes un brin utopistes. Nous avons compilé pour vous ces figures majeures du mouvement Dada.

Tristan Tzara, le chef de file naturel du dadaïsme

Si Marcel Duchamp n’a jamais était l’un des grands promoteurs du dadaïsme, il fait partie de ces artistes ayant inspiré sa naissance. Ses ready-mades, des objets du quotidien érigés en oeuvres d’art comme la « Roue de bicyclette » de 1913 ou le « Porte-bouteilles » de 1914, lui ont permis de pointer l’absurdité de l’art traditionnel et de ses conventions. Et c’est justement pour oublier la guerre, et faire table rase du passé, que le mouvement Dada est né le 8 février 1916 à Zurich. Il a été fondé par Tristan Tzara, Hugo Ball, Marcel Janco, Richard Huelsenbeck, Hans Arp, Emmy Hennings et Hans Richter. Selon la légende, le mot « dada » aurait été trouvé au hasard dans le « Petit Larousse », ou à l’aide d’un coupe-papier glissé aléatoirement dans un dictionnaire franco-allemand.

Le poète, essayiste et artiste de performance Tristan Tzara, ou Samuel Rosenstock de son vrai nom, se distingue vite comme le chef de file de ce mouvement ayant pour but originel de regrouper tous les artistes d’avant-gardes du moment. Il fonde ensuite la revue dada, le 15 février 1916, dont il devient rédacteur en chef. Il y publiera en décembre 1918 le célèbre « Manifeste dada 1918 », qui regroupe tous les préceptes guidant les artistes dada. L’une des phrases les plus célèbres de ce texte exprime la volonté de ces âmes libres de se défaire du passé pour créer un avenir à leur image, c’est-à-dire sans aucune contrainte : « Que chaque homme crie, il y a un grand travail destructif, négatif à accomplir. Balayer, nettoyer. » C’est sur ces ruines qu’il veut construire une forme d’art nouvelle.

Une influence majeure sur l’art du 20e siècle

Le mouvement Dada se caractérise par son cosmopolitisme. De retour en Allemagne, l’un des fondateurs du dadaïsme, Richard Huelsenbeck, crée le Club Dada de Berlin en 1918. Il est accompagné par nombre d’artistes locaux, dont le couple formé par Raoul Hausmann et Hannah Höch. Ces deux artistes sont notamment célèbres pour avoir développé différentes techniques de photomontage. Raoul Hausmann fut chargé d’écrire le Manifeste dada scandé le 22 janvier 1918, jour de la naissance du Club Dada de berlin. Outre ses oeuvres, ses réflexions sur l’art et sur la destruction en tant qu’acte de création en font l’un des grands penseurs Dada, ce qui lui a valu le surnom de « dadasophe ».

Installés à New York, Francis Picabia, et surtout Man Ray et Marcel Duchamp, représentent le mouvement aux États-Unis, même s’ils ne s’en revendiquent pas jusqu’à la publication de la revue New York Dada en 1920. Mais le public américain n’est pas préparé à tant d’anti-conformisme. Leurs oeuvres provoquent des scandales et le dadaïsme ne prend pas aux États-Unis. Les trois artistes s’épanouiront finalement en France à partir de 1921. Au-delà de l’Allemagne, de la France et des États-Unis, le dadaïsme s’est exporté en Italie, en Hollande, en Belgique, en Croatie, en Pologne, en Hongrie et même au Japon.

Réunissant des artistes très libres, sans véritable chef de meute, le mouvement dada a fini par disparaître en raison des tensions entre ses membres. André Breton, qui fut l’un des grands promoteurs du dadaïsme à ses débuts, finit par le dénigrer pour s’orienter vers le surréalisme. Francis Picabia devient anti-dadaïste et anti-surréaliste. Marcel Duchamp, qui n’a jamais vraiment revendiqué son appartenance au mouvement, s’en détache totalement. Mais malgré ces dissensions ayant conduit à sa « mort », le dadaïsme a joué un rôle crucial en libérant les artistes d’un bon nombre de contraintes. Que serait Jeff Koons sans les ready-mades de Duchamp ? Et puis comme l’a si bien dit Hugo Ball, « ce que nous appelons dada est une bouffonnerie issue du néant. » Il était donc logique que le mouvement disparaisse aussi vite qu’il était apparu.

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