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La saga Audi : une histoire riche en rebondissements

Cinq sports aux règles incompréhensibles

Aujourd’hui, Audi est perçue comme une marque puissante, qui incarne le luxe automobile à l’Allemande aux côtés de BMW, Mercedes-Benz et Porsche. La marque a notamment créé la sensation ces derniers jours, en dévoilant la très attendue deuxième génération de R8 en avant-première du salon de Genève 2015, où elle sera présentée pour la première fois à partir du 5 mars. Et l’an dernier, c’est la nouvelle TT qui a symbolisé le succès du constructeur, en se classant parmi les plus belles nouveautés de 2014. Mais avant d’accéder à la consécration actuelle, l’histoire d’Audi a été mouvementée.

Les débuts difficiles de la marque aux anneaux

Pour remonter aux origines d’Audi, il faut revenir à la toute fin du 19e siècle. En 1899, un ingénieur passionné de course automobile du nom de Auguste Horch fonde la société « A. Horch & Cie. Motorwagen Werke » à Cologne. Mais très vite, il donne des sueurs froides à ses actionnaires qui lui reprochent de proposer des voitures haut de gamme trop coûteuses, qui peinent par conséquent à trouver leur public. En 1909, il finit donc par quitter sous la pression sa propre entreprise, avec une belle indemnité en poche. Dès la même année, Auguste Horsch crée une nouvelle société baptisée « August Horch Automobil Werke », mais le tribunal du Reich lui interdit de réutiliser son nom, protégé par une clause de non concurrence. Il opte donc pour Audi, qui n’est autre que la traduction latine de son patronyme, Horch, qui signifie « écoute » en Allemand. Dès 1910, la première voiture d’Audi est produite à Zwickau, la Type A Sport Phaeton.

Très vite, Audi va se bâtir une belle renommée internationale grâce à ses succès en course. Concentrée sur les automobiles à vocation sportive, la nouvelle marque d’Auguste Horch participe dès 1911 à la Coupe des Alpes Autrichiennes, une épreuve d’endurance de 2 400 km connue pour son exigence. Mais ça ne fait pas peur à Audi, qui remporte la course trois années de suite, en 1912, 1913 et 1914. Les Audi Type C, qui ont réalisé cet exploit, sont surnommées « Vainqueur des Alpes ». Alors que la réputation du constructeur allemand gagne rapidement le reste de la planète, la production de Horch, elle, se poursuit sans grand succès.

Au lendemain de la Première guerre mondiale, la rivalité entre Horch et Audi perdure, jusqu’à ce que la Grande Dépression provoquée par le krach de 1929 ne mette en péril la santé financière de tout le secteur. Si Mercedes profite à l’époque de la fusion entre Daimler et Benz pour se renforcer, Audi est reprise par la société DKW, maintenue à flot par sa production de motos et d’un modèle aussi révolutionnaire qu’économique à traction avant. Ce climat pousse le gouvernement à restructurer en profondeur l’industrie automobile allemande, et à la subventionner par le biais d’énormes commandes de matériel militaire. C’est cette politique qui va mener en 1932 à la création du consortium Auto Union, regroupant les marques Audi et DKW, ainsi que Wanderer et Horch.

C’est cette alliance qui va donner naissance au symbole qui sert aujourd’hui de logo à Audi : les fameux quatre anneaux entrelacés. Il s’agit là d’une petite revanche pour Auguste Horch, nommé président du conseil de surveillance du groupe, qui reprend en partie la main sur la première entreprise qu’il a fondé. Au sein de Auto Union, la répartition des tâches est claire : DKW se voit chargé de la production des motos et des petites voitures populaires, Horch conserve le très haut de gamme, alors que Wanderer et Audi récupèrent tout le milieu de gamme.

La résurrection puis l’émancipation d’Audi

La Seconde guerre mondiale porte un sérieux coup à Auto Union. Alors qu’il a massivement participé à l’effort de guerre, le groupe est démantelé par les Alliés à l’issue des combats. De toute façon, la majorité des installations ont été détruites par les bombardements, quand elles n’ont pas été récupérées par les Soviétiques. Il faudra attendre 1949 pour que la production soit relancée, cette fois à Ingolstadt, où se trouvent les usines historiques de DKW. Une nouvelle société est créée le 3 septembre 1949, « Auto Union GmbH ». Elle se consacre dans un premier temps à la création de petits utilitaires et de motos, avant de se remettre à produire des automobiles à moteur deux-temps sous la marque DKW.

Il faudra quelques années avant que le nom d’Audi ne soit ressuscité. Après une prise de contrôle par Daimler-Benz en 1958, Auto Union est racheté par Volkswagen en 1964. Très vite, les DKW dotées de moteurs à deux temps sont abandonnées au profit de véhicules plus modernes, animés par des mécaniques à quatre temps. Ces nouvelles voitures sont commercialisées pour la première fois sous la marque Audi, et conservent les quatre anneaux en tant qu’identité visuelle de cette nouvelle entité. Mais à l’époque, Audi reste cantonnée à une gamme de modèles au sein du groupe Auto Union. Il faudra attendre l’absorption de la marque NSU, à l’initiative de Volkswagen en 1969, pour que le nom d’Auto Union soit peu à peu remplacé par Audi-NSU. En 1977, l’arrêt de la production de modèles NSU renforce encore un peu l’indépendance du constructeur aux anneaux.

C’est l’arrivée de Ferdinand Piech, le petit-fils de Ferdinand Porsche, qui va permettre à Audi de véritablement jouer dans la cour des grands, aux côtés de Mercedes et BMW. En l’absence d’image de marque, il va tout miser sur les technologies de pointe, avec des moteurs à cinq cylindres, la suralimentation, mais surtout l’apparition de modèles à quatre roues motrices. Ce pari plein d’audace est très vite rempli, notamment grâce au succès de l’Audi quattro sortie en 1980. Ce coupé, puis le Sport quattro entre 1981 et 1986, sont devenus mythiques grâce à leurs nombreuses victoires en rallye. Parallèlement, la marque a mis en place une politique constante de renouvellement de gamme, et offre de nombreuses options, motorisations et équipements qui en font un membre incontestable de l’élite automobile allemande. Une place qu’elle n’est pas prête d’abandonner, au vu des derniers concept-cars qui préfigurent l’avenir de la marque.

L’ Audi Prologue et le Sport quattro (qui célèbre les 30 ans du premier modèle) résument à eux deux l’ADN d’Audi : luxe, performance, mais surtout innovation. Preuve de sa capacité à faire évoluer l’automobile, le constructeur d’Ingolstadt a notamment été le premier à commercialiser une voiture équipée de feux au laser de série, la R8 LMX. La marque aux anneaux n’a pas fini de nous étonner !

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