Horlogerie

La saga Richard Mille : une marque qui bouscule la tradition

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Tous ceux qui connaissent la marque horlogère Richard Mille savent qu’elle ne fait rien comme les autres. Qui d’autre qu’elle peut se targuer d’avoir produit une montre de haute horlogerie totalement transparente ? Au compte de ses prises de position qui s’affranchissent de la tradition, Richard Mille s’est également distinguée en réinterprétant la montre érotique selon ses propres codes, ou en dévoilant une montre de poche squelette carrée des plus originales.

Richard Mille, c’est d’abord l’histoire d’un passionné de mécanique. Cet homme de 64 ans a créé sa marque éponyme en 2001, après avoir fait ses armes chez Matra Horlogerie et Mauboussin. Son but à l’époque ? Créer des montres grand luxe et ultra-performantes, tout en conciliant ses passions pour l’automobile et l’aéronautique. Quatorze ans plus tard, il a réussi son pari. Ses montres sont constamment en rupture de stock malgré des prix qui atteignent des sommets. Retour sur l’histoire de l’une des plus belles réussites horlogères du XXIe siècle.

Transformer le titane en or

En 1999, un an après s’être mis à son compte comme consultant en développement d’horlogerie, Richard Mille s’attèle au développement de sa propre marque. Il puise alors son inspiration dans l’industrie automobile, l’aéronautique et l’aérospatiale, des domaines réputés pour leur précision et leur expertise en termes de nouvelles technologies. Son projet tient en trois points : toujours recourir aux dernières innovations techniques, imaginer un design reconnaissable au premier coup d’oeil mais facile à porter au quotidien, et ne se fixer aucune limite en matière de coûts. Sa seule barrière ? La faisabilité technique.

Au printemps 2000, Richard Mille se rend au salon Baselworld avec son premier prototype, baptisé sobrement RM 001. Même sans stand, il profite de ses nombreux contacts dans le monde de l’horlogerie pour présenter sa création à des détaillants influents. Et ceux-ci ouvrent de grands yeux à la vue de ce garde-temps révolutionnaire. Alors que les marques grand luxe de l’époque ne misaient que sur les métaux précieux, comme l’or ou le platine, Richard Mille leur proposait un montre dotée d’un boîter en titane, un matériau généralement utilisé dans les domaines de l’aéronautique, de l’aérospatiale, dans l’industrie militaire ou le secteur biomédical. Malgré ce pari fou, et un prix fixé à 170 000 euros, l’horloger récolte 200 promesses d’achats. Les acheteurs comprennent vite qu’il s’agit d’une montre unique, et que son coût n’est pas si exorbitant au regard de la qualité de l’ouvrage, qui a demandé des milliers d’heures de dur labeur. C’est le début du succès, ce qui le pousse à créer sa marque éponyme en 2001.

Des montres mises à rude épreuve

Passionné par la technique depuis sa plus tendre enfance, Richard Mille n’est jamais à court d’idées quand il s’agit de repousser les limites de l’horlogerie. La liste des matériaux utilisés pour ses garde-temps est interminable : le silicium, les nanofibres de carbone, la céramique, ainsi qu’une foule d’alliages plus perfectionnés les uns que les autres, comme l’ALUSIC, généralement utilisé pour la confection des satellites de communication.

La prouesse de la marque est d’avoir su adapter ces matériaux de pointe à l’échelle beaucoup plus petite de l’horlogerie. Ce travail lui a permis de produire des garde-temps ultra-légers, précis, d’une solidité à toute épreuve, et testés en conditions réelles. Le meilleur exemple de ce savoir-faire est probablement la montre RM 27-02. Arborée par Rafael Nadal lors de la dernière édition de Roland-Garros, elle a été conçue pour pouvoir être portée sur le terrain par le roi de la terre battue. Pour pouvoir résister à la violence de ses coups de raquette, Richard Mille a fait en sorte qu’elle puisse encaisser des accélérations allant jusqu’à 5 000 g. Mais pour ne pas que la montre le gêne pour jouer, il a réussi à la rendre ultra-légère : son mouvement ne pèse que 3, 35 g environ, pour un poids total de 25 g.

Qu’on aime ou pas le style des montres Richard Mille, on ne peut que s’incliner devant le positionnement de la marque, qui a totalement chamboulé les codes de l’horlogerie de luxe. Depuis sa création, Richard Mille a inspiré la concurrence qui n’hésite plus à proposer des garde-temps n’arborant ni or ni platine à plusieurs dizaines de milliers d’euros.

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