Polémiques

Les artistes français habitués aux clips à scandale

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La polémique qui a entouré le dernier single des Enfoirés, le fameux « Toute la vie » écrit par Jean-Jacques Goldman et dénoncé pour ses paroles qualifiées d’anti-jeunes, n’est pas la première à être déclenchée par un clip musical en France. Certains artistes hexagonaux, chanteurs comme réalisateurs, peuvent même être qualifiés d’habitués de la chose. Nous les avons regroupés pour vous.

Des images chocs qui ne passent pas

Le groupe de rock Indochine n’hésite jamais à aborder des thèmes sensibles dans ses clips, ce qui n’a pas manqué de provoquer quelques scandales. L’exemple le plus récent est celui réalisé par le jeune réalisateur prodige Xavier Dolan, pour le titre « College Boy » en 2013. Son but ? Dénoncer les violences à l’école. Pour ce faire, Xavier Dolan a choisi de tourner un clip en noir et blanc à la beauté froide, qui met en scène un adolescent « différent » qui se fait maltraiter par ses camarades de classe (pour l’anecdote, le souffre-douleur est interprété par Antoine-Olivier Pilon, révélé aux yeux du monde dans le film « Mommy » récompensé au dernier Festival de Cannes ). Jets de boulettes de papier, casier saccagé, brimades, tabassage en règle, humiliations, crucifixion, pour finir sur une fusillade puis un coup de taser asséné par un policier, tout y passe. Certes, ce n’est pas de la violence gratuite, car elle vise à mettre en lumière un phénomène que beaucoup préfèrent ignorer, mais on comprend que le clip n’ait pas plu à tout le monde. Avant cela, Indochine avait déjà choqué en 1987, en insérant des images dictateurs comme Mussolini, Hitler ou Staline dans la vidéo du single « Les Tzars », puis en 2001 avec le clip érotico-lesbien de « Stef 2 », qui a dû être remanié pour passer à la télévision.

Le rappeur Orelsan est un autre grand habitué des vidéos à scandale, et des polémiques au sens large. Deux de ses singles ont été particulièrement pris pour cibles : « Sale pute » et « St Valentin ». Pour le premier, il avait d’ailleurs été condamné à 1 000 euros d’amende avec sursis en première instance, avant de se voir libéré de ses charges pour prescription en appel. La raison du litige ? Il était accusé de provoquer la violence envers les femmes, avec des paroles du type « ferme ta gueule ou tu vas te faire marie-trintigner ». Pour lui, il jouait simplement le rôle d’un monstre dans une oeuvre de fiction, mais les associations féministes n’ont pas apprécié. En même temps, on peut comprendre. . .

Des réalisateurs à la limite du raisonnable

Quand on parle de clips musicaux censurés, on ne peut passer à côté de deux réalisateurs français particulièrement connus pour leurs oeuvres chocs : Gaspar Noé et Romain Gavras. Le premier, notamment connu pour son film sulfureux « Irréversible », a choqué son monde en sortant un clip digne d’un film pornographique, mettant en scène une orgie bisexuelle sur le morceau « Protège moi » de Placebo. Il a récidivé quelques années plus tard avec « Love in motion » de SebastiAn, dont la vidéo a été qualifiée de pédo-érotique. Il y fait figurer une adolescente d’une douzaine d’années, qui danse langoureusement dans sa chambre face caméra habillée en diablotine. Du mauvais goût à l’état pur. . . Du pur Gaspar Noé. Romain Gavras a lui aussi fait l’objet de vives critiques pour deux de ses clips. En 2008, il met en images le morceau « Stress », du duo électro Justice, en filmant une bande de jeunes semant la terreur en ville. Il est alors accusé de violence gratuite. Deux ans plus tard, c’est la vidéo de « Born Free » de MIA qui fait bondir. On y voit la police américaine traquer les roux jusqu’à leur domicile pour les déporter, puis les tuer, rappelant les heures les plus sombres du nazisme. Dérangeante au possible, elle a immédiatement été interdite sur les plateformes de partage aux États-Unis. . .

On peut ajouter à cette liste d’autres clips, parfois cultes, qui ont choqué pour des raisons diverses : « Lemon Incest » de Serge Gainsbourg sur le thème de l’inceste, « J’appuie sur la gâchette » de NTM qui évoque le suicide, « Je te rends mon amour » de Mylène Farmer, accusé de blasphème, « La fin de leur monde » d’IAM qui dénonce avec crudité les dérives de l’humanité, « Time to Dance » de The Shoes et Anthonin Ternant qui met en scène un psychopathe tueur interprété par Jake Gyllenhaal, ou encore le très osé « Tous les goûts sont dans ma nature » d’Étienne Daho et Jacques Dutronc. Comme quoi, la censure n’épargne personne.

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